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mardi 23 juin 2015

Feria de las Rosas

Samedi dernier, je suis allée faire un tour dans les montagnes près de Cordoba, dans la vallée du nom de Traslasierras (traduction : derrières les montagnes). Je m'étais déjà rendue dans cette vallée au début de mon séjour ici, avec les québécois, dans la petite ville de Mina Clavero. Je vous en avais parlé ici. Comme nous y étions allés en bus, nous nous sommes contentés de découvrir la ville. L'avantage d'y venir en voiture avec un argentin, c'est qu'on peu découvrir bien plus d'endroit, avec en prime du bon rock argentin et un maté bien chaud !





Nous nous sommes donc rendus dans un petit village à quelques kilomètres de Mina Clavero, où se tient tous les samedis un marché très réputé dans la province de Cordoba : la Feria de Las Rosas (le marché des roses). Le nom vient du fait que la fleur sacrée est reine dans le village et pousse au bord des routes et des maisons. Sur la place principale du village se trouve le marché, rempli de stands en tout genre : nourriture, objets traditionnels, poncho, cuir, instruments de musique, crèmes biologiques, le tout 100% artisanal.






Stands de ponchos et laines en tout genre


Stands d'objets en cuir










Stands d'objets en bois







Stands de bijoux et accessoires en tout genre






Stands de céramiques et poteries en tout genre



Stand de sérigraphie artitistique
Stand de couteaux
Stand de livres

Stands d'herbes et de produits naturels

Stand de clés et instruments de musique
Stand d'olives sous toutes leurs formes
Stand de bières artisanales

Kebab argentin
Paella



Après avoir acheté les derniers souvenirs à ramener aux copines, nous nous sommes posés sur un muret en pierre au soleil, en dégustant des sandwichs/fajitas fait maison, un jus d'orange frais pressé à l'instant et un succulent dessert bien sucré comme je les aime, le tout en écoutant deux jeunes jouer et chanter de la musique folklorique typiquement argentine (bien plus que le tango !), et en regardant quelques couples danser sur l'air entrainant.



C'était une matinée parfaite, comme je les aime ! Mes sens étaient en éveil devant tant de nouvelles odeurs et de nouveaux objets à découvrir. J'ai adoré l'ambiance de ce petit marché très familial et très écolo. Tous ces artisans travaillent avec passion et cela m'a fait très plaisir de découvrir leur travail et surtout de les aider en quelque sorte à développer leur activité. Je vais surtout être très fière de pouvoir dire à mes amies que leurs cadeaux viennent d'humbles argentins qui les ont fait avec leurs mains et surtout avec tout leur amour. Ce sont des souvenirs uniques qui ne portent pas d'étiquettes "Made in China", mais qui portent les marques de l'artisan qui l'a réalisé. 


Attention petit point "Père Castor vous raconte une histoire" :
La plupart de ceux qui me lise le savent déjà, mais je préfère le redire dans le doute : depuis début mars, j'ai commencé à étudier le tourisme à travers 2 cours de l'université dans laquelle j'étudie la communication ici en Argentine. Dans l'un de ces cours, qui est passionnant, j'ai étudié Marc Augé, un auteur français (que j'ai lu en espagnol, faute de trouver l'édition de son livre en français ici), qui dit qu'aujourd'hui, du fait de la globalisation et de la mondialisation, les lieux touristiques sont "despersonnalisés", c'est-à-dire que le "global" est plus présent que le "local". Et bien justement, en parcourant les allées de cette Feria de Las Rosas, j'ai vu le local et uniquement le local, aucune marque internationale ni fabrication asiatique à la chaîne, seulement le travail de ceux qui vendent leurs propres fabrications. Et ça, ça vaut tous les iPhone, Coca, et McDonald du monde. Voilà, voilà, j'avais envie de partager cela avec vous, car depuis que j'étudie le tourisme, ma vision des choses ont un peu changé, particulièrement lorsque je voyage. je fais plus attention à ce genre de détails notamment. N'hésitez pas à me donner votre avis !

vendredi 12 juin 2015

Un peu de politique

La politique, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé. Je n'y comprend généralement pas grand chose et j'ai toujours l'impression que les politiciens nous manipulent et nous baratinent avec leurs belles paroles qui ne veulent rien dire. Cependant, impossible de passer à côté de ce thème lorsque l'on vit en Argentine. La politique et les argentins, c'est toute une histoire d'amour et de haine.



Comme je vous l'ai raconté il y a quelques mois, l'Argentine ai passé par une période de dictature militaire entre 1976 et 1983 qui a profondément marquée les esprits. Depuis, les Argentins sont très impliqués dans la politique de leur pays, et n'hésite pas à donner leur avis. Il n'y a pas de neutralité d'opinion en Argentine, soit tu adore la présidente, Cristina Fernandez Kirchner, soit tu la déteste du plus profond de ton âme.

La fameuse Cristina, président de l'Argentine

Depuis 2003, c'est le parti du "Kirchnerisme" qui est au pouvoir, avec Nestor Kirchner de 2003 à 2007 et sa femme, Cristina donc, qui l'a succédé et qui est encore aujourd'hui à la tête du pays. Le Kirchnerisme, qui, comme vous l'avez compris, vient tout simplement du nom de ses créateurs, est un parti dérivé du "Péronisme" de Juan et Eva Peron, dont je vous ait parlé dans le post précédent.
Cristina et son défunt mari, l'ex-président Nestor Kirchner
C'est donc un parti de gauche, qui se revendique social mais qui ose dire à la télévision face au pays entier qu'en Argentine il y a moins de pauvres qu'en Allemagne. La grosse blague ! Donc soit la dirigeante du pays ment délibérément à son peuple, soit elle tente de se persuader elle-même que c'est la vérité, ce qui signifie dans ce cas-là qu'elle ne veut tout simplement pas voir la réalité de son pays. Car de la pauvreté il y en a à la pelle ! Je pencherais plutôt pour la première interprétation, car quant on voit que la province de Cordoba ne reçoit aucune subvention de l'Etat simplement parce que le gouverneur ne soutient pas le parti de la présidente, on se dit qu'il y a un petit problème de subjectivité dans la manière dont la présidente gouverne le pays. Cordoba est donc la province la plus chère d'Argentine, avec les impôts les plus élevés car elle doit subvenir seule aux besoins de ses habitants. Les taxes sont hors de prix et pourtant, les hôpitaux et les écoles tombent en ruines, les rues sont pleines de trous et de bosses, un lampadaire sur deux fonctionne, et j'en passe... Mais où va donc tout cet argent ? Dans la poche d'une poignée de politiciens tient...

De La Sota, le gouverneur actuel de la province de Cordoba


Il semble se passer des choses bien étrange au sein du gouvernement argentin. J'ai entendu parlé d'un hôtel, en Patagonie, au nom de la présidente, qui ne reçoit aucun visiteur et qui servirait donc à blanchir de l'argent... Il y a également eu cette affaire douteuse sur Alberto Nisman, un procureur qui enquêtait sur la participation de Cristina Kirchner dans des attentats contre la communauté juive et islamique à Buenos Aires en 1992 et 1994. Ce dernier affirmait que la présidente avait entravé la justice et la résolution de ces enquêtes afin de protéger ses relations commerciales avec l'Iran, responsable des attentats selon Nisman. Juste avant que Nisman rende son enquête publique, il a été retrouvé mort... Quelle drôle de coincidence ! Et ces deux cas ne sont que des exemples parmis tant d'autres. L'argentine, comme beaucoup de pays d'Amérique du Sud, est malheureusement très corrompue, ce qui entrave beaucoup la politique de l'État.


Money Money Money, le roi du Gouvernement Argentin
Il faut savoir aussi que plus de la moitié du pays vit dans la province de Buenos Aires, où se trouve la capitale. Le reste du pays est presque désert, la majorité des habitants se concentrant dans les principales grandes villes comme Cordoba, Rosario ou Mendoza. Buenos Aires a donc quasiment tout le pouvoir et l'influence politique entre ses mains, et les autres provinces n'ont pas leur mot à dire. La majorité des décisions politiques sont donc prises pour les habitants de Buenos Aires, sans penser à ceux de la Patagonie ou du nord de l'Argentine, qui ont un style de vie à l'opposé de ceux de la capitale.

Distribution territoriale de la population argentine
En juillet vont se dérouler les élections pour choisir un gouverneur à chaque province. En octobre, se sont les élections présidentielles. Autant vous dire que ces derniers mois, les politiques se font tout mielleux, promettant la lune et réalisant des travaux "révolutionnaire". Par exemple quand je suis arrivée à Cordoba en Août, des travaux pour construire une route périphérique était en cours mais n'ont pas avancé en 10 mois. Le mois dernier, je suis passée devant et ils avaient pratiquement terminé ! La magie de la politique... Et ça, c'est seulement l'oeuvre du gouverneur, je n'ose pas imaginé ce qui va se passer vers octobre, pour la présidence. Ce qui est sûr, c'est que le pays a de toute urgence besoin de changement, et surtout d'un chef d'état qui se soucie de son peuple plus que de son image. Mais ça, c'est pas gagné...

Affiche de campagne électorale pour les présidentielles disant "Binner, président de TOUS les argentins"
C'est bien connu, un président peut choisir de ne représenter qu'une partie de son peuple, celle qu'il préfère...

Autre affiche disant "Le défi est de continuer la transformation", le candidat à droite, la président à gauche, pour bien montrer qu'ils sont amis...

Juan et Eva Perón

Juan et Eva Perón sont un couple mythique en Argentine. Je ne pouvais donc pas passer à côté de leur histoire. 



Juan Perón était un militaire et homme politique, qui a été élu président de la République Argentine de 1946 à 1955, puis il y a eu un petit coup d'État et il est revenu au pouvoir de 1973 jusqu'à sa mort, en 1974. Sa 3ème femme, Isabel Martinez de Perón, lui succède tant bien que mal jusqu'en 1976, où elle est gentiment dégagée du pouvoir par les militaires, et de la commence la célèbre Dictature Militaire dont je vous ai déjà parlé. Voilà pour le contexte générale.


Revenons-en à Juan. Avant de devenir président, il se marie en 1929 avec Aurelia Tizón, qui ne fut pas d'une grande importance la pauvre et décéda d'un cancer du col de l'utérus. Quelque temps plus tard, Juan rencontre Eva Duarte, une jeune comédienne qui a quitté son petit village pour venir tenter sa chance dans la capitale. La jeune femme s'est déjà fait un nom à Buenos Aires en prêtant sa voix à la radio au sein d'une "radionovela". Ces petites histoires sont très appréciées de la classe populaire, mais beaucoup de la haute bourgeoisie, qui voit en ces comédiennes un genre de prostituée des temps modernes.


Quoi qu'il en soit, le colonel Perón tombe fou amoureux de la jeune Eva, bien que plus de 20ans les séparent. Les deux tourtereaux se marient en 1945 (pendant que nous autre ramassions les dégâts de notre petite guéguerre), et la jeune femme devient très rapidement populaire pour son implication dans la vie politique de son mari. Eva, aussi surnommée Evita, est en effet le porte parole de la classe ouvrière argentine et des femmes, pour qui elle a obtenu le droit de vote en 1947. Elle est très appréciée de la classe populaire, mais beaucoup de la bourgeoisie et noblesse argentine, des militaires et de l'Église. Mais ses ennemis ne réussirent pas à l'arrêter dans sa soif de venir en aide au plus démunis. Elle crée la Fondation Eva Perón dans ce but et réussit à faire voter une loi pour donner l'égalité en droit matrimonial.


Elle fonda également le parti Péroniste Féminin, pour donner encore plus de pouvoir politique au femme et appuyer le parti de son mari. Mais sa soif de pouvoir s'arrêta net en 1952, l'année ou Évita, agée seulement de 33ans, décéda, tout comme la première femme de Perón, d'un cancer du col de l'utérus. Son corps fut "kidnappé" (j'ai du mal à comprendre comment cela à pu se produire franchement), par un général militaire qui le cacha durant seize ans en Italie. Elle repose aujourd'hui dans le cimetière de La Recoleta à Buenos Aires, sous son nom de jeune fille, Eva Duarte, dans le caveau de sa famille.


Eva Perón a beaucoup influencé l'Argentine, par son exemple de passion et de combattivité. Encore aujourd'hui, elle est admirée ou détestée (comme toujours en Argentine), mais personne ne reste indifférent à l'empreinte qu'elle a laissé derrière elle. Certains disent que ce n'était qu'un pantin manipulé par Juan Perón, autoritaire et sans scrupule. D'autre l'idolâtre comme une déesse et mette une photo d'elle sur la cheminée à côté de celle du défunt mari. Elle a reçu de nombreux titres posthumes, comme Chef Spirituel de la Nation, Femme du Bicentenaire de l'Argentine, le Collier de l'ordre du Libérateur Général San Martin (la plus haute distinction en argentine), et même Madonna l'a incarné dans la comédie musicale Evita, avec la célèbre chanson Don't Cry For Me Argentina (Ne pleure pas pour moi Argentine).


Aujourd'hui encore, Evita est très présente en Argentine. Son portrait figure sur les billets de 100 pesos, une représentation de son visage est affichée sur un immeuble à Buenos Aires, elle figure dans la "chambre des femmes importantes" du palais gouvernementale et même la présidente actuelle, Cristina Fernandez de Kirchner, se compare à elle (mais ça c'est plutôt comique). 




jeudi 4 juin 2015

22 ans et toutes mes dents !

Le 28 mai dernier j'ai donc fêté mon anniversaire. Contrairement aux 21 précédents, celui-ci avait l'originalité d'être en automne, et en Argentine !

On a commencé à me le souhaiter le 27 à 14h jusqu'au 29 vers 10h du matin. Un anniversaire de presque 48h grâce à tous les amis que j'ai pu me faire autour du monde ! Je suis fière d'avoir rencontré autant de belles personnes cette année, et excitée à l'idée de les revoir un jour dans leurs pays respectifs ! 

Le 27 au soir, Élo, une tutrice et maintenant amie, m'a organisé une petite célébration avec quelques amis au bowling en apportant un gâteau. J'ai perdu la partie de bowling, mais j'ai soufflé les bougies à minuit pile ! Un charmant jeune homme qui partage ma vie depuis quelques mois maintenant, m'a offert un magnifique collier artisanal, des photos de nous deux, une boîte de ferrero rocher et un petit pot de Nutella ! Il a tout compris. 


Collier artisanal serti d'une pierre de Cordoba

Le lendemain, j'avais cours de 14h à 22h30, mais ma journée a été ensoleillée par tous les beaux messages que j'ai reçu, et surtout par les skype avec ma famille ! Quel bonheur de les voir, et surtout de penser que, dans quelques semaines, je serais avec eux ! Une amie allemande de ma classe de tourisme m'a offert des Kinder venus tout droit... d'Allemagne ! Quelle belle surprise merci Lisa ! 


Le vendredi soir, j'ai organisé un petit repas à la maison avec les amis les plus proches. Le charmant jeune homme nous a cuisiné une patte de vache (la cuisse en fait, mais c'est déjà un sacré bout !) pendant 3h, ma maman d'accueil a fait des petits pains arabes, ma soeur d'accueil a préparé 6 sauces succulentes, et moi j'ai coupé les tomates et la salade ! On s'est donc régalés et goinfrés de sandwich 100% fait maison, c'était excellent !




Le dessert était un magnifique gâteau au chocolat réalisé par Betty. La petite Lohé m'a aidé à souffler les bougies ! Et le gâteau était succulent...



Le samedi, je suis sortie fêter mon anniversaire avec toutes les personnes que j'ai rencontré durant ce semestre. Nous étions 32 au Studio Teatro, une boîte de nuit installée dans un ancien théâtre romain. C'était magique !



Finalement le dimanche, j'ai passé la journée dans ma belle-famille. Nous avons mangé un asado typiquement argentin accompagné d'un gratin dauphinois réalisé par mes soins. Miam, miam ! Et bien sûr, en dessert, un bon gâteau au chocolat et aux noix fait par Graziela, la mère de Nacho. J'ai donc soufflé pour la 3ème fois les bougies ! Et j'ai passé le reste du dimanche à digérer toute cette bonne nourriture. 






C'était donc un anniversaire 100% chocolat, à la hauteur de mon année en Argentine. Rempli de gens formidables et de nourritures succulentes. Maintenant, il ne me reste plus que 4 petites semaines pour profiter de ce beau pays avant de retourner à la maison ! Le temps passe vite, très vite.

P.S : On a un nouvel habitant dans la maison, petit, poilu, et tout doux !