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jeudi 20 novembre 2014

Cours d'Histoire #1 : La Dictature Militaire

Un peu d'Histoire, ça ne fait pas de mal, et surtout ça aide à comprendre pourquoi l'Argentine en est là aujourd'hui. Je vais commencer par vous raconter une des phases les plus sombres qu'à traversé le pays il n'y a pas si longtemps, entre 1976 et 1983, et qui, aujourd'hui encore, continue de hanter ses habitants.

Un des présidents les plus célèbres d'Argentine s'appelle Juan Domingo Perón, connu pour avoir amélioré les conditions de travail des ouvriers et pour sa femme devenue une légende, Eva Perón, morte à 33 ans d'un cancer.  Après la mort de sa femme adorée, Monsieur s'est remarié, et après être lui-même décédé, c'est sa nouvelle femme, María Estela Martínez de Perón, qui a pris le pouvoir. Première Présidente féminine de l'Histoire, elle n'était malheureusement pas très efficace et s'est faite rapidement éjecter le 24 mars 1976 lors d'un coup d'État mené par un groupe de militaires de droite. Leur objectif était d'en finir avec les communistes et les "subversifs", c'est-à-dire ceux qui s'opposaient au gouvernement, que ce soit de manière violente ou pacifique. Ils ont donc mis en place un Processus de Réorganisation Nacional, en clair un véritable Terrorisme d'État pour chasser et tuer tous les opposants. Les militaires interdisaient tout type de protestation social et ont transformé la structure économique du pays afin que cela bénéficie à l'élite et, bien sûr, pour pénaliser les ouvriers et la classe populaire en générale. Les militaires avaient un plan définit en quatre étape : séquestration, torture, détention et désaparition. Avec ce plan, ils ont violé les droits de l'Homme en séquestrant toutes les personnes qui s'opposaient à leur gouvernement, en tuant des milliers d'innocents et ils en sont même arrivés au point de voler les bébés des opposants pour les donner à des familles de militaire, "convenables" et "capables de les éduquer comme il faut". Les militaires se déguisaient en civil pour aller arrêter les opposants chez eux ou dans la rues. Il les emmenaient ensuite dans des centres de détentions illégales où ils les torturaient pour avoir des informations sur les groupes d'opposants, et finissaient généralement par les tuer et les enterrer dans des fosses communes. 

Des militaires enlevants un "subversifs"

La Dictature s'est terminé en 1983, suite à la guerre des Malouines. Le Royaume Uni et l'Argentine se disputaient ces îles dans le Sud du Pacifique. Après une guerre courte mais sanglantes, c'est Le Royaume Uni qui l'emporte, laissant le gouvernement militaire affaibli. Finalement (je vous la fait courte car moi même je n'ai pas tout compris à cette partie là de l'Histoire), les militaires n'ont pas eu d'autre choix que de mettre en place des élections pour nommer un nouveau Gouvernement, démocratique (ou presque) cette fois-ci, en octobre 1983.

"Dehors les Anglais de Malouines, nous reviendrons !"

Aujourd'hui encore on ne sait pas exactement combien de victimes il y a eu, mais l'organisme des droits de l'Homme estime qu'il y a eu environ 30.000 morts et des centaines de milliers d'exilés. On est loin des 6 millions de juifs exterminés pendant la Seconde Guerre Mondiale mais quand même, ça fait réfléchir non ? Comment peut-on arriver à de telles violences juste parce que certains ne sont pas d'accord avec les idées du groupe au pouvoir ? J'ai été assez choqué de cette partie de l'Histoire, dont je n'avais jamais entendu parler. C'est vrai ça, il y a eu un véritable génocide et personne n'en parle ailleurs dans le monde. Avant de venir en Argentine je n'étais pas du tout au courant de ce qu'il c'était passé il y a moins de 40 ans. À l'école on nous rabâche chaque année l'Histoire de la première et seconde guerre mondiale, et en cours d'Espagnol la dictature de Franco, mais ce genre de conflit n'est-il pas tout autant important à connaître pour avoir une vision plus précise et plus réaliste du monde dans lequel nous vivons ? J'en ai parlé à mes parents et grands-parents et ils m'ont dit que pendant la dictature et un peu après ils en parlaient dans les médias, mais aujourd'hui plus rien. Les nouvelles générations comme moi ne sont pas du tout au courant de ce qu'il s'est passé en Argentine. Ba non c'est trop loin et c'est le tiers monde alors ça intéresse pas l'éducation nationale vous voyez...

J'ai été également choquée de voir comment les Argentins transmettent cette partie de leur histoire aux futurs générations. Dans le cadre d'un de mes cours, je suis allée visiter un centre de détention près de Córdoba, La Perla. À part une frise chronologiques et des portraits des victimes, le centre est vide. Les guides, fils et filles de disparus, racontent l'Histoire d'un point de vue très subjectifs sans jamais aborder le thème de la torture. En gros, ils ne racontent pas réellement ce qu'il s'est passé et ne le montre pas non plus. Je comprend que c'est dur pour eux de revivre cette phase sombre de l'histoire mais si personne le fait, qu'est-ce qui empêchera que cela recommence ? Pour moi c'est en affrontant le passé qu'on apprend de ses erreurs et qu'on évite de les commettre de nouveau. 


Dortoir de La Perla

Il n'est pas rare également qu'en regardant les infos, on voit une grand-mère retrouver son fils, bébé disparu durant la dictature militaire. Les mères et grands-mères dont on a enlevé les enfants ont crée une association, "Madres y abuelas de Plaza de Mayo" (Mères et grands-mères de la place de Mai), le nom venant du fait qu'elle se réunissaient sur la place en face de la maison du gouvernement à Buenos Aires. N'ayant pas le droit de manifester, elles se contentaient de marcher en rond autour de cette place pour signifier leur portestation. Elles ont également crée une banque d'ADN afin de recenser tous les ADN des mères et enfants disparus. C'est grâce à cette banque que, sur les 500 enfants enlevés pendant la dictature, 107 ont pu être retrouvés. La plupart disent qu'ils n'étaient pas au courant d'avoir été enlevés, la famille dans laquelle ils ont grandit les ayant élevé dans le mensonge. Un documentaire très intéressant en français, Argentine, les 500 bébés volés de la dictature, dénonce assez bien ce passage de l'histoire Argentine, si vous avez le temps, ça vaut le détour.

Grands-mères de la place de Mai - "Où sont les centaines de bébés nés en captivités?"

C'est aussi dans ce contexte politique qu'a eu lieu la coupe du monde de football en 1978 en Argentine, dont les grands vainqueurs ont été... les Argentins ! Une belle manipulation de la part des militaires pour focaliser l'attention du pays et du monde entier sur cet événement sportif, et non sur ce qu'il se passait réellement dans le pays. Heureusement, il y avait quelques groupes assez lucide pour s'opposer à cet événement et lancer une campagne de boycott de la coupe du monde de 1978. Mais le football est tellement important aux yeux des Argentins qu'il était difficile de les convaincre de boycotter un tel événement... 
Tag disant "Derrière le football, les objets de torture" (dur à traduire le mot picana...)

La Dictature Militaire est donc un passé encore très présent dans l'esprit et la vie des Argentins. Des procès pour juger les chefs militaires sont encore en cours et d'autres n'ont même pas encore été ouverts. Toute cette histoire a laissé un plaie profonde dans le coeur des Argentins qui n'est pas encore prête à se refermer. 



Témoignages de survivants du camp de La Perla


"Nous vivions aves les yeux bandés et, au début, avec les mains attachées, menottés. Nous étions en permanence allongés sur des matelas de paille. Nous ne pouvions ni parler ni bouger. La Perla était en général remplie de séquestrés. Chacun de nous, malgré le peu de distance qui nous séparait les uns des autres, vivions complètement isolés. L'isolement produit la solitude, l'angoisse, l'anxiété. Les pensées positives disparaissent, celles qui permettent d'agir, de changer la situation actuelle. L'isolement faisait de nos geôliers nos seuls interlocuteurs, leur donnant ainsi encore plus de pouvoir." - Piero Di Monti

"Une fois j'ai trouvé, dans la salle des douches, un magazine en espagnol mais d'origine allemande, dans lequel il y avait une analyse scientifique des résultats psychiques obtenus si la torture psychique et physique étaient combinées. Il y avait un diagramme du cerveau, avec des cercles montrant les différentes zones psychiques, où l'on pouvait clairement voir les différentes étapes par laquelle passe la personne torturée. Il y avait une mention spéciale sur la nécessité de bander les yeux de la victime. C'était une étude des méthodes appliquées durant l'Allemagne Nazi." - Liliane Callizo

"Le matin suivant je fus de nouveau emmené dans les bureaux où, après m'avoir enlevé le bandeau que j'avais sur les yeux, un homme s'est présenté en me disant plus ou moins textuellement : "Bonjour ! Je m'appelle Luis et j'appartiens à la très glorieuse et invincible armée Argentine ! Tu n'es pas détenu ici légalement mais plutôt séquestré, disparu. Ici il n'y a pas d'avocat ni rien qui puisse t'aider ! Nous sommes maintenant les gardiens de ta vie." Il s'agissait de Luis Manzanelli, alias "Luis" ou "Piazze", le sergent adjoint de l'armée." - Héctor Kunzmann

"Un sujet de conversation récurrent entre les femmes était l'angoisse de ne pas connaître le sors de ses enfants. Mirta, durant tout le temps de sa séquestration, n'a pas quitté la photo de Bruno (son fils), qui était seul et abandonné. Avec Nelly (une autre détenue), elles avaient conçues un cadeau pour la fête des mères. Mirta avait réussi à voler du papier et des crayons dans les bureaux où on l'avait envoyé laver le sang des autres détenus torturés. Nelly avait écrit une carte pour chacune des détenues avec le nom de ses enfants et une phrase de réconfort."  - Mirta Iriondo

lundi 17 novembre 2014

Confessions intimes #1

Je n'ai pas été très présente ces derniers temps pour vous raconter mes aventures car c'était la période de partiel à l'université donc pas mal de boulot et plus trop de temps libre. Et puis le temps passe tellement vite que je n'ai même pas le temps de vous raconter ce qui m'arrive au fur et à mesure !

Bref on va donc revenir un bon mois en arrière, même plus, on va dire début octobre. Cette période là a été assez difficile pour moi car, après avoir passé la période d'excitation et de découverte de la ville, du pays, de la langue et de la culture, le temps de la nostalgie et de la désillusion est arrivé. J'ai passé deux bonnes semaines dans un état d'esprit plutôt négatif, à voir tous les mauvais côtés de l'Argentine et à regretter tous les bons côtés de ma chère France. Tout d'un coup je ne voyais plus le soleil et la bonne humeur des Argentins mais seulement les vols à répétition dans la rue et l'économie en chute libre, les transports en communs inefficaces et les queues à l'infini pour faire la moindre démarche administrative. Je regrettais cruellement mon lit en France, les bons petits plats de ma maman et ma vie à Lyon. J'avais aussi l'impression de ne plus progresser en espagnol, voir même de régresser et cela m'a fortement agacé pendant un moment. Je n'arrivais pas à m'adapter au rythme de vie de ma famille d'accueil. En tant qu'étudiante à l'étranger, les sorties le soir sont assez fréquentes et j'avais toujours l'impression de déranger ma famille en rentrant tard. La petite de 3 ans qui partage la chambre avec sa mère juste à côté de la mienne a également été un problème pour moi au début. Je n'arrivais pas à me faire à ses cris ou ses pleurs le matin, ni même les soirs en semaine quand elle se couche plus tard que moi (bon ça je n'ai toujours pas compris d'ailleurs). 

J'étais tout simplement en train de passer dans la phase d'adaptation, celle qui vient juste après la "lune de miel" quand tout est tout beau et tout rose. Plutôt difficile donc de trouver ses repères dans un pays, une villes, une famille et une culture qui n'est pas la sienne. C'est à ce moment là aussi que je me suis rapprochée des 3 françaises qui sont en échange dans la même université que moi. Sûrement car j'avais besoin d'un repère, de quelque chose de familier auquel me raccrocher pour me rassurer. Et ça a bien marché. On est devenues amies et, même si ça ne m'aide pas à parler espagnol, ça m'a beaucoup aidé pour trouver mes repères et me stabiliser dans cette nouvelle vie qui est aujourd'hui la mienne, en Argentine. 

Aujourd'hui, je me sens bien et je suis à l'aise dans ma famille. J'ai trouvé ces repères qui me manquait et j'arrive à profiter de chaque jours ici. J'arrive aussi à faire la part des choses, à réaliser que j'ai de la chance de vivre cette aventure mais aussi à voir à quel point le pays va mal comparé à la France. Aujourd'hui, je pleurs pour mes amies françaises qui, ne restant qu'un semestre, s'en vont dans quelques jours, mais je me réjouis en voyant les grandes vacances approcher à grand pas (oui je suis en vacances d'été de décembre à février) et ma mère qui va arriver mi-décembre. Je suis toute excitée à l'idée de voyager encore plus loin que les limites de l'Argentine et aussi de découvrir le nouveau groupe d'étudiants étrangers qui va arriver pour le deuxième semestre.

Cette année a apporté et apportera encore beaucoup de changements, et je sens que ça va énormément m'aider à grandir, à réfléchir et à voir les choses sous un autre angle. Je m'enrichis chaque jours de l'expérience que je vis ici et ça, je le dois à ma famille qui m'a soutenu et beaucoup aidé pour me permettre de venir en Argentine. Je ne pourrais jamais assez vous remercier pour ça... 

dimanche 19 octobre 2014

30 millions d'amis en Patagonie

Ce voyage a mal commencé, très mal commencé. J'avais réservé ma place pour un super week end en Patagonie auprès d'une association qui organise des voyages pour les étudiants étrangers, Intercambio Cordoba. Le programme avait l'air parfait : baleines, pingouins, otaries, phoques, orques, éléphants de mer... J'attendais donc le jour J avec impatience ! Mais deux jours avant le grand départ, je reçoit un message de l'association : nous annulons le voyage car le bus que nous avions réservé est tombé en panne et nous ne pouvons pas en réserver un autre. Trahison, disgraaaace ! Après la déception de cette triste nouvelle, nous avons décidé avec mes amies françaises et 3 américains, de partir quand même. S'en est suivit 2 jours de galère à essayer d'organiser le voyage de notre côté. On avait des places disponibles pour le transport mais pas de places dans les hôtels de la ville. C'était un grand week end en Argentine (encore un lundi férié) et un des seuls moments où pingouins et baleines étaient tous deux dans ce coin de la Patagonie où nous voulions allez. Week end de grande affluence à Puerto Madryn donc, difficile à organiser 2 jours avant notre supposé départ. Nous avons finalement réussi à trouver 7 places dans un petit hôtel à 5 min de l'océan et avons réservé nos billets de bus.


La veille du départ, deux représentants d'Intercambio Cordoba sont venus à mon université pour nous rembourser (car nous avions payé la moitié du voyage). Bien sûr, comme nous sommes en Argentine et que tout est bien organisé, ils n'avaient pas assez d'argent pour rembourser tout le monde ! Ils nous ont donc donné RDV le lendemain juste avant notre départ pour nous remettre l'argent ainsi que le ticket pour partir en bateau voir les baleines, qui était déjà payé et réservé selon eux. Tout content, nous partons donc avec pleins d'énergie à la station de bus pour entamer notre long périple de 21h jusqu'au nord de la Patagonie (l'avion était vraiment trop cher). Mais que nenni les amis ! Le sort a continué à s'acharner contre nous ! Après presque 2h de retard, le bus est enfin arrivé, mais à peine sortie de la gare routière, est tombé en panne... La malédiction du bus d'Intercambio nous a suivit ! Après 1h30 à attendre le mécanicien et à attendre que le mécanicien répare le foutu moteur, nous sommes enfin partis avec presque 4h de retard... Au milieu de la nuit, tout le bus s'est réveillé car nous roulions, non sur une route, mais sur une piste en terre, et il semble qu'en plus d'un problème de moteur, le bus avait également un problème de suspensions (quasi) inexistantes. Secoués comme des sacs à patates, difficile de finir la nuit. Dans la matinée des policiers nous ont arrêté. Après avoir vérifié tous les papiers des passagers et fouiller le sac de l'unique homme portant une casquette (casquette = voleur), ils nous ont dit que le bus penchait d'un côté et qu'il fallait absolument que l'on solutionne ce problème dans la prochaine ville sinon on ne pourrait pas continuer le voyage. Décidément, on a été maudit jusqu'au bout...


Heureusement la prochaine ville était Puerto Madryn, notre destination finale ! Heureux de sortir enfin de cette carcasse en agonie, nous allons droit vers l'hôtel qui nous attendait 4h plus tôt. Une fois nos affaires posées dans la chambre, nous nous rendons à l'agence de voyage avec laquelle Intercambio avait réservé et payé le bateau pour aller voir les baleines. Une fois sur place nous racontons donc nos péripéties à la dame, qui ne semble pas connaître Intercambio. Bon, elle a du traiter avec un des membres directement et ne pas se souvenir du nom de l'association, tout va bien. On lui donne le ticket du bateau qu'Intercambio nous a fournit et là elle nous dit "mais ce ticket date de 2012, il n'est plus valable." PARDON ?? Si, si, Intercambio s'est foutu de nous jusqu'au bout. Très remontés contre eux, on décide quand même de profiter de notre week end et de faire les activités que l'on avait prévu. L'agence nous dit qu'il n'y a plus de place pour ce week end. Reste calme, reste calme... On retourne à l'hôtel, dont le gérant nous avait parlé des mêmes activités avec des compagnies différentes et qu'il pouvait réserver pour nous. On demande donc à faire les baleines et la péninsule de Valdès le samedi et Punto Tumbo avec les pingouins le dimanche. Pas de soucis en deux coups de téléphone il nous réserve ça. Bon ba voilà c'était pas si compliqué au final ! Soulagés, on part enfin à la découverte de la ville, un petit coin tranquille au bord de l'océan, loin de l'agitation et de la pollution de Cordoba. Ça fait du bien ! Pour le repas du soir, on se cuisine un repas de roi digne de notre budget étudiant à l'hôtel : des pâtes !

La fine équipe de cuistots !


Sous le vent !
Le lendemain, levé 6h pour partir à 7h, mais pleine d'enthousiasme car on allait voir les baleeeeeeines ! Première aperçu des cétacés depuis la plage à l'aube, un moment magique ! J'étais très étonnée de voir que ces gros mammifères pouvaient autant se rapprocher de la plage, elle n'étaient qu'à 50m du bord de l'eau ! Les mamans viennent dans les eaux peu profondes avec leurs petits pour leur permettre de remonter plus souvent à la surface car il nous pas encore la capacité de rester 40min sous l'eau comme leur mère. Nous avons ensuite pris le bateau pour aller les voir plus au large. C'est un sentiment indescriptible que de voir ces grosses baleines de plus de 15m si pacifique, si tranquille, passer lentement à côté de vous, de voir un bébé sauter au dessus de l'eau pour appeler sa maman ou encore d'apercevoir au loin un jet d'eau et une queue sortant de l'eau. Je n'avais jamais pensé un jour voir des baleines un jour, et je ne suis pas déçue de l'expérience. C'est le genre de spectacle qu'on ne voit qu'une fois dans sa vie et qui en vaut vraiment la peine. Quand je pense à ces baleines franches australes, qui naviguent entre l'Argentine, l'Afrique du Sud et l'Australie, je pense à tous les mystères que recèle l'océan, à toutes ces grosses bébêtes qui sont là-dessous, dans les eaux profondes où l'Homme n'a pas sa place. Toutes ces images sont à jamais gravées dans ma mémoire et font désormais parties de mes merveilleux souvenirs en Argentine.




L'après-midi nous avons fait le tour de la Péninsule de Valdés en mini bus, en s'arrêtant à plusieurs endroit pour admirer éléphants de mer, phoques, orques, quelques pingouins et des animaux plus terrestres tels que flamants roses, maras (sorte de lièvre géant), chouette et furet. Des paysages magnifiques composés de plages à perte de vue et de mer d'un bleu intense qui inspire la sérénité et la liberté. Ça m'a fait vraiment du bien d'être au milieu de cette nature sauvage et ça change de la pollution et de l'agitation de Cordoba. Le soir nous nous sommes offerts un restaurant en bord de mer pour déguster un plateau de fruits de mer. J'avais hâte de goûter aux produits de la mer argentins, Cordoba étant loin dans les terres il est rare de consommer du poisson, mais j'ai été un peu déçue. Je n'ai pas retrouvé le goût des plateaux de fruits de mer de nos côtes françaises. Les mollusques et crustacés étaient cuisinés différemment et n'avaient pas autant de saveurs qu'en France. L'Argentine est connue pour sa viande, pas pour ses produits de la mer...


Un orque rôde...
Un éléphant de mer et son petit harem
Crâne d'éléphant de mer
Crâne de phoque








Les maras, une espèce de lièvre géant uniquement présent en Patagonie



Le dimanche, réveil matinal encore car nous sommes partis plus au sud, à Punta Tombo, une réserve naturelle à environ 3h de route de Puerto Madryn. Là-bas se trouve une colonie de manchot de Magellan où l'on peut se balader au milieu de milliers d'entre eux. Monogames et 100% fidèles (elles ont de la chance les femelles manchot), les mâles peuvent parcourir des kilomètres sur la plage pour trouver le cailloux parfait à offrir à leur compagne, avec qui il reste toute leur vie. Ils sont en charge de construire le nid parfait pour accueillir et protéger leur futur progéniture. Chaque couple à donc son petit nid, creusé dans la terre ou caché dans un buisson. Quand nous y sommes allés, c'était la période où les couples couvaient leurs oeufs. Cette ville de pingouins s'étale sur des kilomètres, au milieu d'un décor splendide entre terre et mer. Mon anecdote du jour ? J'ai voulu prendre un selfie avec l'un d'entre eux, mais celui-ci ne semblait pas du même avis. Il m'a d'abord tourné le dos pour ensuite reculer dans ma direction, lever sa petite queue et lâcher une crotte bien verte et bien liquide avec le son qui va avec dans ma direction. Le message était clair, pas de selfie pingouin...


Cédez le passage aux pingouins

Le pingouin anti-selfie




Les françaises au bout du monde

Le lundi matin, je me suis payé un petit luxe que je ne regrette pas avec une amie française. Nous sommes allées plonger avec les otaries ! Dans une eau à 8°, nous étions bien contentes d'avoir des combinaisons Néoprène bien isolante. Seul le bas du visage était en contact direct avec l'eau ce qui fait qu'au bout de 30s secondes dans l'eau je ne sentait déjà plus ma bouche. Mais on oublie très vite ce petit désagrément dès que l'on voit arriver les otaries. Très curieuses et très joueuses, elles viennent directement au contact et il est très facile de les caresser. Plutôt gauches sur la terre, elles sont complètement dans leur élément une fois dans l'eau et nage avec une habileté et une flexibilité impressionnante ! J'ai adoré ce moment, où j'ai même pu faire un câlin à l'une d'entre elle qui passait juste en dessous de moi ! C'était une expérience inédite et inoubliable pour moi. Je ne peux que vous le conseiller si vous avez l'occasion de le faire.

Le levé de soleil avant la plongée

Je n'arrive pas à mettre mes vidéos de la plongée alors je vous met une vidéo de l'agence de plongée avec qui on a fait l'activité, qui résumé bien ce que l'on a vécu :



Nous sommes partis le lundi après-midi, dans un bus bien plus confortable et plus fiable qu'à l'allé, avec "seulement" 19h de route cette fois-ci. Patagonie, tu m'as bien ruiné mais tu as aussi su me séduire !

Si on est pas bien là...
Adieu Patagonie !

samedi 4 octobre 2014

Le Nooooord

Du 25 au 29 septembre, je suis allée dans le Nord de l'Argentine, bien différent de notre Nord à nous (plus chaud que le sud, et oui, c'est l'hémisphère sud haha) dans les provinces de Salta et de Jujuy (prononcez Rourouille). Le voyage était organisé par l'université comme pour Buenos Aires. Cette fois nous étions plus nombreux ce qui fait qu'on a eu droit à notre bus privé. Ce n'était pas tellement une bonne chose car dans ce bus, pas de semi-lit, juste des sièges qui s'inclinent un peu, pas top pour dormir.


Lo Cerro de los 7 colores, une peinture non ?

Après 16h de route, toujours de nuit, nous sommes arrivés dans l'endroit que j'ai préféré du voyage : Cerro de los 7 colores (La colline aux 7 couleurs). Après une petite marche rapide mais très abrupte, nous avons pu profiter d'un magnifique panorama sur cette montagne. Le paysage était réellement à couper le souffle, on aurait dit une peinture tellement cela semblait surréaliste. Une montagne rocheuse avec réellement 7 couleurs : jaune/orangé, rose, rouge, vert, marron foncé/violet, marron clair et blanc.
Toutes ces couleurs sont dues à des sédiments marins, car l'eau recouvrait complètement cette partie de l'Argentine il y a quelques millions d'années. Nous avons ensuite fait le tour de la montagne par derrière pour avoir un autre point de vue, et là encore le paysage était impressionnant. Des pierres rouges, un désert de cactus et juste à côté un champ bien vert.

Autrichienne, Mexicaine, Française et Américaine

Contente d'être là ? Juste un peu :)

De la verdure au désert, il n'y a qu'un pas séparé par un américaine et une mexicaine déchaînée


Après avoir mangé dans le village de Purmamarca, au pied de la montagne aux 7 couleurs, nous avons fait le pleins de feuilles de coca, cette plante utilisée pour fabriquer la coca ïne, mais qui est plutôt employée pour prévenir le mal de l'altitude dans les pays Andins. Dans le Nord de l'Argentine, tous les locaux ont une joue déformée, pas à cause d'un accident nucléaire non (un étudiant étranger avait supposé ça l'année dernière apparement), mais à cause de ces feuilles qu'ils mâchent en permanence. En soit, les feuilles ne sont pas trop mauvaises, plutôt amères mais ça passe. Ce qui est purement infecte par contre, c'est le bicarbonate que l'on te dit de prendre avec, une poudre blanche qui active tes glandes salivaires afin d'augmenter les effets des feuilles. En plus d'avoir failli ressortir tout mon repas dans le bus, j'avais donc un trop plein de salive dans la bouche, une expérience incroyable donc.

Feuille de coca

L'après-midi nous nous sommes donc rendus à plus de 3.000m d'altitudes, aux Salinas Grandes à la frontière du Chili. Une grande mer de sel à perte de vue, plutôt époustouflant avec le ciel bleu et le soleil incandescent qui se reflètent sur le blanc du sel. C'est plutôt marrant de prendre des photos dans ce genre de décor, mais il faut l'avouer au bout de 30min et 150 photos, il n'y a plus grand chose à faire dans le coin... On est donc parti direction l'hôtel dans le petit village de Tilcara, enfin, car on avait qu'une hâte après ce long voyage et cette journée riche en émotion, se doucher !!! Mais mauvaise surprise en arrivant sur place, on se retrouve à 6 filles dans une minuscule chambre avec une salle de bain (douche sans pression et sans au chaude + WC confondu) à se partager. On n'était pas non plus à plaindre comparé aux 10 garçons qui partageait la même chambre et qui devaient se rendre aux douches communes les uns après les autres... Après la douloureuse mais pourtant indispensable épreuve de la douche, nous avons tous manger dans un restaurant du village où nous avons pu goûter à la viande de lama ! Je m'imaginais une viande au goût plutôt fort, mais au final c'était tendre comme de l'agneau et très bon avec des spaghetti et de la sauce tomate !

Moment zen dans ce grand désert blanc

Pas zen très longtemps car la mexicaine arrive !

Comme un air de liberté et d'infini


Le deuxième jour, après 3h de route sur un chemin de terre, nous sommes arrivés dans un village perdu au milieu des montagnes, le village d'Iruya. Nous sommes montés en haut d'un belvédère pour admirer la vue sur des montagnes toujours autant colorés, puis nous avons fait une petite randonnée dans la vallé. Sympathique mais pas aussi époustouflant que la veille. Le soir c'était asado (cf. article sur les spécialités culinaires) géant à l'hôtel accompagné de bière noire de Salta, excellente !

Vue depuis le belvédère

Un prof d'histoire plutôt téméraire

Sans commentaire

Les mexicains sont partout

Le Grand Canyon (hein ? Tu nous avais pas dis que t'allais en Argentine ?)
Des cailloux aussi colorés que les montagnes
Bière noire de Salta
C'est l'heure de l'asadoooo !

Enfin le troisième et dernier jour, nous nous sommes rendus dans la ville d'Humuaca où se trouvait un marché artisinal. Là, tout mon argent y est passé. Pulls en alpaga pour à peine 10€, mate, sacs et tissus en tissage traditionnel, petit lama aimanté, poncho, boucles d'oreille, chaussures... Tout était magnifique ! J'ai donc beaucoup dépensé pour ramener de beaux souvenirs et des cadeaux de qualités. Dans cette ville se trouvait également une immense statue représente la bataille qui a eu lieu dans cette région entre les peuples natifs et les conquistadores. Les aborigènes ont réussi à repousser les espagnols venant de Bolivie pour permettre en Général San Martin de libérer l'Argentine. On ne parle pas souvent des communautés natives, les argentins étant trop occupés à copier la culture européenne et américaine, ce que je trouve bien dommage car la culture aborigène est très intéressante et fait partie de la richesse de ce pays. Le Nord en est très imprégné contrairement à la ville où je vis, Cordoba, qui est très européanisée. C'était donc un voyage dépaysant et très enrichissant pour moi.

Bon j'ai un peu triché, ça c'est pas le marché d'Humahuaca, c'est celui de Purmamarca.
J'étais trop occupée à acheter pour prendre des photos à Humahuaca,
mais c'était le même genre d'article, en moins cher.

Le monument en hommage à l'indépendance de l'Argentine et aux aborigènes qui y ont contribué

L'après-midi de ce troisième jour, nous avons visité une ancienne ville aborigène, Pucara de Tilcara, dont il ne reste plus grand chose malheureusement. C'était cependant intéressant d'apprendre que cette communauté enterrait leurs morts à la verticale dans des puits, en les réunissant par famille et en les positionnant de manière foetale. Leur croyance était que nous devions quitter ce monde dans la même position par laquelle nous y sommes arrivés dans le ventre de la mère. Le toit de leurs habitations étaient en bois de cactus, très léger et très isolant, ce que j'ignorais complètement (je pensais que l'intérieur des cactus était juste rempli d'eau voir vide je ne savais pas trop en fait). La hiérarchie existait déjà cependant, les plus pauvres habitant en bas de la colline et ceux ayant le plus de pouvoir tout en haut.

Toujours des paysages de far west

Maison aborigène 
Bois de cactus

Weston le lama 


Nous avons terminé la journée par une randonnée à la Garganta del Diablo (La Gorge du Diable), un précipice de cailloux et d'eau avec une petite cascade et un petit tunnel pas très haut ni très large et à moitié immergé à traverser pour se rendre du côté où il y a une vue sur tout la vallée. Après toutes ces péripéties, nous sommes rentrés, 16h de route à nouveau. Arrivée à 9h du matin à Cordoba, c'était l'heure pour moi d'aller à mon premier cours, mon nouveau poncho sur les épaules, la tête remplie de montagnes colorées et le sac pleins de pulls en Alpaga et de petits lamas. À quand le prochain voyage ? (Bientôt...)

La "Gorge du Diable"

Flore locale

Faune étrangère (mexicaine, américain et française)
À bientôt pour de nouvelles aventures !


P.S : Vous me manquez énormément !!! Bisous à toute la famille et les amis qui me lisent